Oiseau retrouvé au sol….

adulte ou jeune, blessé…..

contactez un vétérinaire, éventuellement confiez le à un centre de soins. Dans le Jura, il s’agit d’Athenas.
366 chemin du Montceau – 39570 L’Etoile – 03 84 24 66 05

jeune, non blessé …..

  • Il n’est pas abandonné, il a juste manqué son premier vol.
  • Il n’a pas besoin de soins, il a seulement besoin d’apprendre à voler et à chasser.
    • En le confiant à un centre de soins vous le condamnez à mort, puisqu’en effet un jeune gardé captif jusqu’à la croissance totale du plumage – qui peut durer de 2 à 4 semaines – est privé de la découverte de son environnement naturel, de la maîtrise du vol et de l’apprentissage de la chasse. Il mourra rapidement de faim après sa remise en liberté.

Explications

Les jeunes oiseaux quittent le nid alors que le plumage n’a pas terminé sa croissance. La base des plumes de vol – rémiges et rectrices – est encore en “tuyaux » gorgés de sang. Selon les espèces, il manque 1 à 6-7 cm de longueur aux plumes portantes – voire plus pour les grandes espèces. Les jeunes « apprentis» volent donc très mal et peuvent se retrouver au sol dès leur première tentative de vol.

C’est particulièrement le cas des rapaces nocturnes qui quittent le nid bien avant d’avoir leur taille définitive, ainsi que des oiseaux rupestres. Les faucons nichant dans de petites falaises, en milieu urbain ou sur des structures artificielles comme les pylônes, ne profitent pas de conditions aérologiques très favorables pour leur premier vol. En effet le vent qui rencontre une structure artificielle de faibles dimensions horizontales (pylône, bâtiment ou clocher) n’est pas dévié vers le haut pour créer une ascendance de pente, il traverse le pylône ou contourne le bâtiment dans un plan horizontal sans provoquer d’ascendance (Définition en bas de page).

Le temps que la croissance des plumes portantes soit terminée, le jeune gardé captif ne bénéficie pas de l’apprentissage dont profitent ses frères et sœurs qui eux découvrent leur environnement, apprennent à maitriser le vol et à chasser avec le soutien alimentaire des parents en cas d’échecs. Les jeunes gardés captifs en centre de soins sont privés de ces apprentissages indispensables à la survie en Nature. Ils sont rendus inaptes à la chasse et de ce fait condamnés à mourir rapidement de faim après une remise en liberté apparemment réussie, puisque le jeune prend son envol. Nous en avons l’expérience de longue date à Jurafaune avec les oiseaux de “présentation” parfaitement entrainés au vol mais ne sachant pas chasser et qui, quand il leur arrive de s’égarer, sont retrouvés, ou pas, 10-15 jours plus tard en train de mourir de faim.

Que faire alors de ces jeunes oiseaux ?

Les laisser sur place en les perchant hors de portée des prédateurs terrestres ou au sommet du lieu où ils sont nés – arbre, falaise ou bâtiment, s’il s’agit de faucons. Les parents les prendront en charge, c’est leur “boulot”. Il est très regrettable que nombre de responsables de centres de soins s’obstinent à penser et à faire croire qu’un jeune prédateur remis en liberté, après un séjour captif même seulement de quelques semaines, survivra en nature sans les “connaissances” nécessaires à sa survie : maîtriser les courants aériens, connaitre son environnement, reconnaître les proies prenables, savoir où les trouver, comment les chasser et les capturer. Le pire est de conserver plusieurs mois captif un jeune aigle, un circaète qui en nature reste habituellement au moins un an avec ses parents pour assurer “sa formation” d’aigle chasseur de serpents, mais en l’équipant d’une balise GPS pour donner une apparence scientifique à une opération vouée à l’échec. La nature n’est pas un conte de fée à la Walt Disney, c’est la jungle où les moins adaptés sont rapidement éliminés.

Pour les manipulations de sauvetage :

Munissez vous de gants et/ou d’une serviette ou d’une veste, étalée sur l’oiseau au sol pour lui masquer la vue et éviter qu’il vous agrippe – ça fait mal. Si malgré tout vous êtes “pris” surtout ne cherchez pas à retirez vos doigts en tirant, le rapace serrera encore plus fort et tout geste brusque le fera se crisper encore plus. Essayez de vous “détendre” (facile à dire) et lentement de détacher les serres de l’oiseau. Il vaut mieux être à deux pour la manip.

Saisissez le par le dos, tête en avant, les pouces jointifs sur le dos, les autres doigts écartés sur les côtés pour maintenir les ailes fermées, collées au corps.

Les pattes restent libres entre les doigts écartés, les serres loin de vous. Surtout ne le tenez pas par les pattes, vous risqueriez de les briser, les cartilages de conjugaison (comme les plumes) n’étant pas encore solidifiés au moment du premier vol. Puis placez le hors de portée des prédateurs terrestres, sur une branche ou un mur. S’il est nécessaire de le déplacer pour le remonter au sommet d’un bâtiment ou d’une falaise, mettez le dans un carton assez grand, percé de trous pour l’aération.

Définition : Les ascendances sont des courant d’air dirigés vers le haut qu’on désigne vulgairement sous le nom de “pompes”. Il en existe de deux sortes : l’ascendance de pente et l’ascendance thermique. L’ascendance de pente est un courant d’air montant provoqué par la rencontre du vent avec un obstacle de grandes dimensions horizontales qui ne peut être contourné – colline, falaise ou montagne. Au contact de la barrière le vent est comprimé , dévié et accéléré vers le haut pour constituer un courant d’air ascendant oblique au dessus du front de l’obstacle. L’ascendance thermique, ou thermique, est un courant d’air vertical provoqué par le soleil qui en chauffant le sol déclenche des “bulles” d’air chaud montantes – comme au dessus d’un radiateur. Ces courants d’air se combinent souvent pour produire des colonnes d’air ascendantes obliques, qui sont largement exploitées par les oiseaux planeurs pour gagner de la hauteur sans effort. Enregistrement de la trajectoire d’un faucon de Jurafaune profitant d’une “pompe thermique”.

Comme l’a écrit Goethe :

“La vérité doit être martelée avec constance, parce que le faux continue d’être prêché, non seulement par quelques-uns, mais par une foule de gens. Dans la presse et dans les dictionnaires, dans les écoles et dans les Universités, partout le faux est au pouvoir, parfaitement à l’aise et heureux de savoir qu’il a la majorité pour lui.”

À la découverte des rapaces par le livre : http://www.delachauxetniestle.com/ouvrage/le-faucon-pelerin/9782603024546