Qui sommes-nous ?

Jurafaune est un parc de présentation de rapaces, vitrine pédagogique d’une association loi de 1901, créée en 1990 : le “Fonds de Sauvegarde de la Faune et de la Flore Jurassiennes – FSFFJ.

Siège : “En Chênois” route de Crançot, Granges-sur-Baume, Hauteroche 39210 Jura, France.

Courriel : jurafaune@orange.fr
Tél : 03 84 24 42 61 (aux heures d’ouverture).

Buts de l’association

L’association a deux objectifs : l’un NATURALISTE – la prospection, l’étude, le suivi et la protection des oiseaux rupestres de l’arc jurassien, principalement le faucon pèlerin – animé par le Groupe Pèlerin Jura – l’autre PÉDAGOGIQUE JURAFAUNE, selon l’adage «on protège bien ce que l’on connaît bien ».

L’origine de JURAFAUNE :

JURAFAUNE fait suite au « projet pèlerin » qui, de 1972 à 1985, a contribué – par la réintroduction en Nature d’une quarantaine de jeunes faucons nés en captivité – à bloquer la régression de l’espèce et à stimuler son retour dans la chaîne jurassienne. En 1985 la population des faucons sauvages de la région avait plus que quadruplé par rapport à 1970 – 21 couples en 1970, 90 en 1985 – rendant de ce fait le « projet pèlerin » inutile. Subsistait alors une quinzaine de couples reproducteurs captifs sans expérience de la chasse et ne pouvant donc pas être relâchés en Nature.

Que faire de ces oiseaux ? Les euthanasier ? Certainement pas !

La fascination instinctive qu’exercent les rapaces sur nombre de personnes, enfants comme adultes, nous a paru un moyen attractif pour faire passer un message « protectionniste » vers plus grand nombre à partir de ces oiseaux. Le concept de JURAFAUNE était né. Par le jeu d’échanges avec d’autres parcs disposant d’espèces différentes reproduites en captivité, un cheptel plus diversifié de rapaces a été réuni pour constituer « JURAFAUNE ».

Pourquoi présenter des rapaces en captivité ?

La question est parfois posée. Une première réponse est celle donnée plus haut expliquant l’origine de Jurafaune, mais elle n’est pas la seule.

Depuis des siècles, les rapaces – en fait tous les prédateurs – ont été considérés comme des “nuisibles” devant être combattus par tous les moyens.

POURQUOI ?

D’une part du fait que certaines espèces entraient parfois en concurrence avec l’homme pour ses besoins alimentaires et d’autre part, parce que les prédateurs considérés comme dangereux faisaient peur. Cette vision des rapports antagonistes entre l’homme et les prédateurs a été véhiculée jusqu’il y a peu dans la pensée collective.

Mais les premières études de terrain relatives à la prédation (années 50 à 70) ont montré que les déprédations occasionnées par certains individus de quelques espèces très peu nombreuses, étaient largement compensées par les avantages que les prédateurs apportent aux équilibres naturels (permettant la limitation de la prolifération de certaines espèces phytophages et la sélection des individus les plus performants par l’élimination de ceux qui le sont moins, entre autres).

C’est ainsi que peu à peu l’apriori négatif vis à vis des rapaces a évolué de façon positive, considérés maintenant comme utiles. Ces études ont de plus montré que les prédateurs occupant des rangs élevés dans les chaines alimentaires, sont par conséquent relativement rares et donc souvent en situation précaire en tant qu’espèce. Rappelons que la rareté naturelle d’une espèce est en grande partie fonction de la quantité de nourriture disponible.

Les prédateurs dépendent de la masse des proies potentielles dont ils se nourrissent. Très rares sont les espèces situées au sommet ou proches du sommet de la chaine alimentaire, plus nombreuses celles dont l’alimentation est centrée sur les proies les plus abondantes – insectes ou rongeurs par exemple. Mais la rareté des proies n’est pas le seul facteur influant sur celle des prédateurs. Viennent indirectement se surajouter les modifications de l’environnement provoquées par l’homme, aussi bien que par le comportement directement destructeurs de quelques uns. C’est pourquoi la loi de nombreux pays, dont la France, protège aujourd’hui tous les rapaces.

Que les rapaces soient protégés légalement est une très bonne chose, encore faut-il que cette protection légale soit suivie d’effets et pénètre la conscience collective. Or comment admettre la nécessité de protection d’espèces dont on ne sait pas grand-choses, si ce n’est quelques légendes dénuées de toute réalité biologique, colportées de générations en générations, alors qu’il est admis que pour bien protéger il faut bien connaître ? Les découvrir et les étudier dans leur milieu naturel est l’idée la plus évidente.

Mais “faire du terrain” nécessite des heures d’observation souvent infructueuses, dans des conditions “climatiques” parfois très déplaisantes (ce qui en a découragé plus d’un) et ne peut donc impliquer qu’un nombre limité de passionnés, toutes conditions qui en définitive limitent grandement l’impact pédagogique escompté pour le plus grand nombre (Sans compter le fait que le non spécialiste qui “s’invite” dans la Nature pour la découvrir, se comporte trop souvent comme “un éléphant dans un magasin de porcelaine” et provoque inconsciemment des déprédations irrémédiables sans que pour autant l’espèce qu’il souhaitait observer et étudier ait pu l’être).

Autrement dit, l’éducation par l’observation des rapaces en milieu naturel sans “dommages collatéraux” est, en pratique, une fausse bonne idée si elle n’est pas précédée d’une éducation adéquate. C’est pourquoi des structures pédagogiques telles que JURAFAUNE permettant d’assurer, non seulement une première approche à la connaissance des rapaces pour le plus grand nombre, mais aussi en “cantonnant les nouveaux observateurs” dans un espace restreint hors milieu naturel – évitent les déprédations engendrées par la sur-fréquentation et la dégradation de la Nature qui en découle. (D’où l’inconséquence de certaines municipalités qui, dans un souci louable de faire découvrir la Nature, tracent des sentiers d’accès dans des secteurs jusqu’alors préservés, contribuant ainsi à la dégradation de la nature qu’ils prétendent protéger).

La Nature se porte mieux sans notre présence et la sur-fréquentation est incompatible avec sa protection.

Autre question : un rapace ne serait-il pas mieux en liberté dans la nature ?

Bien entendu et c’est d’ailleurs le but de l’exercice au final, mais encore faut il qu’il n’en ait pas été éradiqué et y soit encore présent. Dans le cas qui nous préoccupe, si le but ultime est bien la protection des rapaces dans leur milieu naturel, pour les raisons évoquées plus haut il est indispensable de passer par “la case éducation” à partir d’oiseaux captifs : on les voit de près, on peut les étudier facilement, on touche le plus grand nombre. Les oiseaux détenus sont ils satisfaits de cette situation ? Quelques éléments de réponse factuels.

En captivité un rapace vit en moyenne au moins deux fois plus longtemps que dans la Nature (pas de contraintes environnementales liées à la météo, à l’abondance ou non de proies, pas de concurrence territoriale, de prédation, de maladies, etc…). D’où la question : est-il plus satisfaisant de vivre plus vieux captif en volière – table mise, soins et partenaire assurés – que libre en Nature 2 à 3 fois moins longtemps ? Les volières sont-elles assez grandes pour le bien-être des oiseaux détenus ? Pour un humain certainement pas. Pour un rapace la réponse est sans doute différente. Ce n’est pas parce qu’un oiseau est capable de voler qu’il est toujours en train de le faire. Ceci est seulement vrai pour quelques espèces telles que les albatros (encore qu’ils se posent souvent à la surface de l’eau), mais surtout les martinets qui passent l’essentiel de leur vie en plein ciel.

En revanche ce n’est pas du tout le cas pour les rapaces qui, comme nombre de prédateurs, sont très économes de leurs mouvements – dit autrement, ce sont de grands paresseux partisans du moindre effort (des expériences de laboratoire ont montré que, si pour atteindre de la nourriture disposée en hauteur en volant ou en marchant, un oiseau a le choix, il ne choisit pas le vol, mais la marche beaucoup moins fatigante).

En nature les rapaces ne s’activent en vol que pour 4 raisons principales : dérangés ? Ils fuient la menace supposée. C’est le printemps ? Ils exécutent des vols de parades pour attirer un partenaire sexuel et manifester la possession d’un territoire. Ils n’ont pas mangé depuis plusieurs jours ou depuis la veille ? Ils partent à la recherche de nourriture. C’est la fin de la belle saison, les conditions alimentaires se dégradent ? Ils migrent vers des cieux plus cléments pour retrouver des conditions plus favorables. Le reste du temps ils sont immobiles des heures durant sur un perchoir à observer le paysage, à somnoler et peut être à “réfléchir” au sens de la vie.

Si vous habitez la campagne, vous avez sans doute déjà observé en partant au travail une buse perchée sur un piquet ? Le soir en rentrant vous retrouverez bien souvent la même buse sur le même piquet. Qu’a-t-elle fait toute la journée à vous attendre ? Sans doute volé 5-6 fois sur un dizaine de mètres pour capturer quelques rongeurs imprudents. C’est à dire que pendant toute sa journée en nature, elle ne s’est pas déplacée beaucoup plus qu’elle l’aurait fait dans une volière de 75 mètres cubes.

Et encore, comme la buse chasse des campagnols de quelques cinquante grammes seulement, en nature elle est contrainte de voler 4-5 fois par jour pour assurer sa subsistance, alors qu’en volière elle n’a plus cette contrainte alimentaire la table étant mise chaque jour de l’année.

C’est pourquoi, en ce qui concerne les rapaces, s’inquiéter de la taille des volières de détention qui seraient trop petites, part certes d’une attention louable, mais n’a pas véritablement de fondement biologique, ni éthologique. C’est un positionnement philosophique ou anthropomorphique qui tend à considérer qu’un rapace a les mêmes besoins biologiques et psychiques qu’un humain ? (Ce qui est peut être vrai pour certains de nos congénères, qui sait ?). Un exemple de même nature à propos des bacs à eau disposés dans les volières.

Avant la création de jurafaune j’ai eu à prendre soins de nombreux rapaces blessés ou de faucons dans le cadre du projet pèlerin. Cette expérience m’a permis de constater que la plupart d’entre-eux pouvaient rester des mois sans boire une seule goutte d’eau du simple fait que la viande en est composée à 60-65% environ.

À la création de Jurafaune nous n’avions donc pas disposé de bac à eau dans les volières, puisqu’inutiles. Mais à la suite des nombreuses remarques de visiteurs se plaignant du fait que “ces pauvres oiseaux n’avaient même rien à boire”, nous avons installé des bacs dans chaque volière. Ces bassines sans utilité pour le bien être des rapaces, étaient et sont toujours là seulement pour satisfaire l’anthropomorphisme des visiteurs.

Le problème est similaire pour ce qui concerne la taille des volières, une buse ne volera pas plus et n’aura pas plus de bien être dans une volière de 50 000 mètres cubes que dans une de seulement 100 mètres cubes, la plus grande volière sera seulement plus satisfaisante pour le bien être psychique du visiteur.

Quoi qu’il en soit, si quelques rapaces reproduits en captivités – incapables de survivre en milieu naturel s’ils y étaient relâchés – sont détenus en volières pour permettre l’information du plus grand-nombre et ainsi faire avancer la connaissance, donc la protection des “rapaces sauvages », c’est une bien faible contrainte à consentir, nous semble-t-il ?

JURAFAUNE créé en 1991, a été implanté à l’origine, dans les ruines féodales du parc romantique du Château d’Arlay (à visiter) où il a fonctionné pendant 20 ans.

Pourquoi changer de site ?

Bien que prestigieux et superbe, le site d’Arlay n’a pas permis d’atteindre le niveau de fréquentations qui aurait donné à JURAFAUNE les conditions financières pour fonctionner en toute sérénité. C’est pourquoi nous avons sollicité la commune de Granges-sur-Baume et la Communauté de Communes des Coteaux de la Haute-Seille (CCCHS) pour nous accueillir sur leur territoire dans un site aux caractéristiques naturelles remarquables et d’accès facile. JURAFAUNE, volet pédagogique de l’association, est donc aujourd’hui implanté au sommet des reculées de la Haute-Seille sur la commune de Granges-sur-Baume, communauté de communes Bresse-Haute-Seille, propriétaire des installations.

La visite du parc se fait le long d’un sentier ombragé bordé de volières propres à chaque espèce – diurne et nocturne : faucons, vautours, aigles, chouettes ou hiboux. À la fin du parcours  « un spectacle de différents pensionnaires en vol est proposé. Il ne s’agit pas d’un spectacle pour le spectacle. Mais de profiter de l’attrait que représentent des rapaces volants au ras de vos têtes pour vous donner quelques informations relatives à leur biologie – corpulence, mode de chasse, régime alimentaire, etc…… Toutes connaissances « cassant le cou » à certaines croyances et permettant ainsi de faire avancer la protection des rapaces et plus globalement celle de la Nature.

Pour éviter tout problème de prédation potentielle ou supposée, les rapaces présentés lors des spectacles sont nés en captivité , élevés à la main et ne savent pas chasser – on ne les a pas dressés pour ça. Quand l’un d’eux s’égare et n’est pas retrouvé rapidement, il a toutes probabilités de mourir de faim dans les 10 à 15 jours. Les quelques uns que nous avons perdus et retrouvés par chance après une semaine, très affaiblis, étaient en train de dépérir – (ce qui renvoie au problème des jeunes rapaces tombés du nid).

Les moyens de l’association

  • Humains : l’engagement bénévole de nombreux passionnés par la sauvegarde des rapaces – plus particulièrement celle du faucon pèlerin – regroupés au sein du collège naturaliste de l’association, le « Groupe Pèlerin Jura».
  • Matériels et financiers : la mise à disposition du parc et des installations par la communauté de communes, les aides du département, de la région et de l’état, ainsi que les dons des mécènes soutenant nos actions.
  • Les apports financiers liés au fonctionnement de JURAFAUNE.

Aujourd’hui, JURAFAUNE est donc l’aboutissement d’une collaboration étroite entre :

  • la commune de Granges-sur-Baume
  • la Communauté de Communes des Coteaux de la Haute-Seille (CCCHS)
  • le Fonds de Sauvegarde de la Faune et de la Flore Jurassiennes
  • le parc proprement dit et les installations matérielles sont propriétés de la communauté de communes.

avec l’aide financière et matérielle de nombreux acteurs :

  • le département du Jura
  • la région de Franche-Comté
  • l’état français
  • la communauté européenne et les financeurs institutionnels
  • LEADER
  • l’ADME

Comment nous aider?

JURAFAUNE est la vitrine pédagogique d’une association de protection de la nature, le Fonds de Sauvegarde de la Faune et de la Flore Jurassiennes. JURAFAUNE est donc autorisé à percevoir des subventions et des dons en espèces ou en matériel.

  • Dons matériels : nous avons besoin de matériels d’entretien, scies, tronçonneuses, tondeuses à gazon, grillages, filets, microscope binoculaire, etc.
  • Dons en espèces : les dons aux associations sont partiellement déductibles des impôts. Un fiche CERFA attestant de votre don, vous sera remise par notre trésorier.

Merci pour votre soutien.